Métro et culture 
C’est dans le métro qu’Amélie rencontre Nino Quincampoix, dans le fameux film de Jean-Pierre Jeunet. En cinéma, le métro est si important qu’une station de Paris n’est utilisée que pour y tourner des films. Le métro est une affaire de cinéma, mais plus largement une affaire de culture. Au printemps des poètes 2015, je me rappelle les vers de Victor Hugo qui se lisaient dans ma rame de la ligne 13 : Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front. Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime. Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime. Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour, Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour. Celui-ci, parmi d’autres. Car commencer sa journée dans le métro, c’est parfois la commencer dans la poésie, dans la culture.
Et toi qui lis ceci, voyageur du B, de la 13, ou qu’importe : n’as-tu jamais vécu une rencontre, une discussion, une histoire folle entre ces quatre murs, quelque chose qui soit digne d’un poème ? Alors certes, la vie du métro n’est pas absolument poétique. Elle regorge parfois des aspects les plus sombres des défauts humains, profitant de l’anonymité presque aussi violemment que sur certains sites internet. Les émotions de colère, les aides non proposées, et des événements parfois plus graves se produisent en grand nombre. Mais il faut le vouloir pour ne pas trouver l’immense amas de culture de toutes sortes qui se trouve dans les trains d’Île-de-France. A vous qui prenez le métro, le RER, souvenez-vous de la meilleure anecdote qui vous y soit arrivée !

Mon anecdote

Une anecdote sans précédent m’est arrivée dans le métro. En janvier 2015, juste après les attentats de Charlie Hebdo. Après une journée remplie entre autres des pensées liées à ces événements tragiques, je me suis assise à un carré de la ligne 13. Devant moi, ou presque, sur la droite, une femme. Mais une femme spéciale : Florence Aubenas, ancienne journaliste à Libération, autrefois, dans mon enfance, otage cinq mois en Irak. La femme dont les qualités humaines impressionnent presque davantage que la carrière. Après avoir pris mon souffle je lui avouais l’avoir reconnue, et commence à lui poser quelques questions, sur la situation, sur ce qu’il y a à faire. Très vite, Madame Aubenas reprend son poste de journaliste, se met à me poser des questions, un peu comme si mon opinion comptait. Après quelques paroles échangées, nous reconnaissons toutes les deux que nous n’avons pas tellement idée de quoi faire, moi par ignorance et elle par humilité. Que dans un lieu comme le métro pouvais-je me trouver l’égale d’une femme avec une telle carrure, alors que j’avais à peine quinze ans.
Des moments cruciaux dans le métro, je ne suis pas la seule à en avoir vécu. Pour en découvrir un autre, je vous propose de suivre ce lien vers un témoignage : Lettre à la femme du RER B qui m’a redonné foi en l’humanité